Ubud

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Bali : Ubud, l'esprit de l'île

Loin de la plage et des discothèques, Ubud, centre spirituel de l'île, a de longue date séduit artistes et écrivains étrangers. Aujourd'hui, voyageurs new age et «yogaholics» épris de cet îlot luxuriant s'efforcent d'y cultiver leur jardin zen.

A ne pas manquer :
 
  • Villages aux alentours d'Ubud (Mas et Batubulan notamment)
  • Balades à vélo ou à pied : Singakerta, Keliki, Pejeng
  • Goa Gajah et Yeh Puluh
  • Musées : Antonio Blanco, Neka, Agung Rai
  • Spectacles de danses
  • Soirée au Jazz Café
  • Massages !
Hi ! I'm Chris, j'arrive de L. A., on m'a dit qu'ici je pourrais donner des cours de yoga ?» Le beau brun aux épaules tatouées et sourire Ultra Brite n'a pas eu le temps d'ôter ses lunettes de soleil qu'aussitôt Charlie, un autre Californien, lui explique la marche à suivre. Bienvenue au Kafe, la Mecque du Bali spirit à Ubud, nourriture bio et «holistique attitude» de rigueur. Deux rues principales - Monkey Forest Road et Jalan Raya Ubud -, deux feux rouges, des boutiques par dizaines et des temples encore bien plus nombreux ; Ubud possède surtout ce supplément d'âme qui en fait depuis toujours un lieu à part à Bali. Une petite cité incroyablement cosmopolite et paisible, où chacun, à l'ombre du grand volcan Agung, accueilli par une communauté aussi soudée et traditionnelle que tolérante, semble trouver réponse à ses interrogations. Le temps d'un visa ou d'une vie.

Cette ouverture a commencé au début du XXe siècle. A l'époque, Ubud n'était qu'un modeste village cerné de rizières somptueuses, au climat plus frais et plus humide que celui de la côte. On venait y consulter les médecins locaux réputés - les balians - et quérir les plantes médicinales qui poussaient en abondance partout alentour. La malaria n'y sévissait pas comme dans les plaines. C'était aussi un lieu isolé au milieu d'une nature magnifique et généreuse, à mille lieues de la terne Denpasar, entièrement sous la coupe des bureaucrates et du strict pouvoir hollandais. Le district d'Ubud était, lui, dirigé par un prince (Tjokorda) tolérant, sophistiqué, artiste et curieux de tout, le dernier souverain d'Ubud, Anak Agung Gede Sukawati. Très vite, des intellectuels et des peintres vont avoir vent d'un petit éden caché sur les marches d'un volcan, où les étrangers (tamu) étaient accueillis à bras ouverts et où la vie était facile. Margaret Mead, Charlie Chaplin, Noel Coward, Robert Kennedy, le prince Sihanouk séjournèrent à Ubud. Et aussi quantité de peintres, arrivés dans le sillage du pionnier Walter Spies, peintre et musicien allemand né à Moscou. Ses tableaux, ceux de ses pairs - le Hollandais Rudolf Bonnet et le Mexicain Miguel Covarrubias notamment - côtoient aujourd'hui dans les musées d'Ubud les oeuvres des meilleurs artistes balinais. Cette vitalité artistique particulière, indissociable d'une vie religieuse qui imprègne jusqu'aux moindres aspects de la vie quotidienne, continue de faire la singularité de la cité. En 1931, Anak Agung Gede Mahendra, joueur de tambour et danseur émérite, fut invité à danser à Paris pour l'Exposition universelle. Dans le public, Antonin Artaud, fasciné, découvre les mystères du théâtre balinais. Une révélation qui sera à l'origine des théories qu'il développera plus tard dans Le Théâtre et son double (Folio Essais). «Dans ma famille, nous dansons depuis onze générations», m'explique, sous le portrait de son père, Anak Agung Bagus Mahendra, qui a conservé toutes les coupures de presse de cette mémorable tournée parisienne. «Nous dansons beaucoup pour les dieux, et aussi pour le business, dit-il en éclatant de rire. Nous sommes influencés par vos pays, mais nous souhaitons par-dessus tout préserver nos traditions. Ce qui compte, c'est le taksu. C'est pour cela que vous aurez envie de revenir ici.» Le taksu... Une sorte de magnétisme spirituel indissociable de l'hindouisme animiste tel qu'il est pratiqué à Bali, l'un des nombreux secrets d'Ubud. «Pour nous, gens d'Ubud, reprend Agung Rai, le fondateur de l'Agung Rai Museum of Art (Arma), les hommes, la nature et l'art sont un tout.» Aussi ce généreux mécène permet-il à des centaines d'enfants de suivre des cours gratuits de danse et de musique au sein de sa fondation. A l'aube, rien ne plaît plus à cet homme chaleureux, issu d'une famille puissante, que d'emmener les clients de son hôtel - qui sert à financer les professeurs et les cours - dans la campagne d'Ubud afin de savourer les golden hours. Vert tendre des rizières soutachées d'or par le soleil naissant, panache fluide d'un nuage accroché au sommet du volcan, files d'enfants rieurs en uniforme, en route pour l'école ; les hommes ont ramassé les anguilles piégées pendant la nuit, les femmes sont déjà aux fourneaux, et les chiens dorment d'une oreille sur la route, comme toujours. Rien à voir avec le happy Bali de Kuta !
«Kuta, Legian, Seminyak, j'appelle ça les Lowlands !» pouffe Linda Garland en secouant sa crinière rousse d'Irlandaise. Car ici, autant comprendre tout de suite qu'il y a «ceux de la plage» (les gens qui viennent goûter les plaisirs de l'interminable été balinais et s'éclater en boîte) et ceux d'Ubud, où les populations se mélangent avec beaucoup plus d'harmonie et de respect. Mariée à un Indonésien, installée depuis trente-deux ans dans un petit paradis que cette décoratrice d'intérieur a façonné en bordure de rivière, Linda fait partie de ces personnages attachants qui vous livrent les clés de la vie locale. Elle s'est fait un nom en décorant les maisons de quantité de beautiful people comme Richard Branson ou David Bowie. Mais aujourd'hui, à Ubud, tout le monde la connaît en tant que «Reine du bambou». Ayant beaucoup voyagé en Indonésie, et constaté de ses yeux les ravages de la déforestation, Linda, après des années d'études, est devenue une spécialiste de cette plante omnipotente à croissance rapide. Invitée dans le monde entier pour des symposiums, récompensée par de nombreux titres honorifiques, Linda est toujours en quête des nouveaux débouchés qui permettraient aux populations de vivre et à la forêt de ne pas disparaître. «Ici, Dieu est encore plus important que l'argent, c'est pour cela que je suis là», confie-t-elle en plissant ses yeux verts. Désormais, Ubud voit fleurir de somptueux hôtels de luxe enfouis dans la végétation, ses premiers restaurants chics (Mozaic, Ary's Warung), des boutiques raffinées comme celle de Jean-François Fichot, flamboyant compatriote et créateur de bijoux, ou des galeries d'art de qualité comme Komaneka. De hippie place, Ubud est devenue une yuppie place un peu snob mais toujours infiniment accueillante, où les bo-bou (bourgeois bouddhistes !) côtoient les joueurs de gamelan, les muesli crazy, les femmes aux hanches étroites, serrées dans leur sarong, portant leurs offrandes au temple, les containers fillers (ceux qui remplissent des containers de meubles pour l'Europe), et les enfants couverts d'or pour des danses offertes aux dieux. Entre un thé au gingembre et un taboulé de quinoa, on rencontre encore ici des gens sincères comme Cristina, exquise Milanaise qui, fascinée par le livre d'Artaud, a consacré vingt-trois ans de sa vie à étudier la forme la plus ancienne de danse locale, le gambuh. Ou Gill, Sud-Africaine raffinée, 77 ans et une silhouette de jeune fille, qui vient de publier un beau livre sur quinze années de travail photographique (Bali Sacred & Secret). Ubud, fertile oasis sans fast-food ni discothèque, où des étrangers se sentent soudain chez eux, peut-être au bout de leur quête. Ubud ou la compréhension limpide de l'unité du monde ? (Le Figaro Magazine)

Bali : Ubud, éloge de la paresse  

Lors d’un séjour à Bali, il faut placer haut sur sa liste des " choses à faire " une escapade à Ubud avec pour objectif de ne rien y faire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Tut Tut !!! En route pour Ubud !

Voyage Bali : Ubud, temple   Bali : Ubud, éloge de la paresse - voyages, vacances, recit de voyage et carnet de voyageRien que pour y parvenir, mieux vaut déjà ne pas être pressé(e).

La route qui grimpe de Denpasar, la capitale, vers le centre de l’île tournicote tranquillement de village en village. Chemin faisant… celle-ci longe des trottoirs qui croulent sous les " antiquités " et comme c’est tout à fait bouché, 24h sur 24, le temps ne manque pas pour détailler la marchandise ! On traverse des " bleds " aux doux noms exotiques comme Sumerta, Tohpati, Batubulan, Celuk, Sukawati… On contourne tout un tas de panneaux plantés au milieu de la chaussée sur lesquels il y a toujours le même blabla : " Ati ! Ati ! Adda Project ! ", ce qui en français dans le texte veut dire " attention travaux ". Comme chez nous, en somme, sauf qu’ici, les cantonniers sont partis faire la sieste en oubliant le panneau, les trous dans la route et quelques tas de cailloux… Mais on s’en fiche.. On prend son temps.. De toutes manières, on ne peut pas aller vite, on est coincé devant et derrière, par des petits camions bleus qui sillonnent l’île nuit et jour, crachant sans cesse une épaisse fumée grise ! A priori vous raterez le tournant qui mène vers Ubud, ce qui ne fera que rallonger le chemin pour atteindre votre but… C’est pas grave ! La campagne qui monte vers le centre de l’île est très chouette partout …cela ne fera que plus de rizières à découvrir !

Gare aux poulets :o)

Bien sûr les guides touristiques sérieux vous auront dit qu’Ubud est le centre artistique de l’île, que sa rue principale fourmille de boutiques et de touristes. Et moi je rajoute : de poulets (pas les coqs, les autres !) qui vous collent des contraventions pour un oui, pour un non, avec comparution au tribunal à la clé ou arrangement immédiat sous condition… Si vous voulez rire, allez vous poster au carrefour principal du village et regardez gonfler, en sirotant un coca, la poche du représentant de l’ordre … vous n’aurez pas fini votre canette qu’il aura doublé sa fin de mois !

Paresse contemplative…

Voyage Bali : Sur le marché dPour une paresseuse de ma trempe, couleuvre professionnelle, le meilleur programme à Ubud, consiste à venir s’y asseoir et à regarder le temps s’écouler doucement…

Il y a beaucoup d’endroits pour paresser dans ce village en se régalant les yeux… Croyez en mon expérience !

Première escale : le marché… véritable paradis pour les filles que ses paniers, bougeoirs, et bois sculptés font craquer… Il y en a des tonnes, ça s’entasse, s’empile, s’amoncelle, à droite, à gauche, à l’étage… Dans ce joyeux bazar, on déniche pêle-mêle ses décos de Noël, des batiks au kilomètre, de jolies corbeilles en osier tressé, des marionnettes de cuir utilisées pour le théâtre d’ombres, de vrais-faux miroirs anciens ou bas-reliefs fleuris, des maillots de bain " trop cool ", des petits mobiles en bois peints… Mais le shopping, c’est bon pour les courageux(euses)! Pour les autres, il suffit de s’acheter quelques fruits délicieux puis d’aller s’asseoir sur de vieux ballots de palmes, de préférence pas trop loin du petit temple d’où les vapeurs d’encens s’échappent, puis d’observer la fourmilière s’agiter…

Etape obligatoire pour ceux qui veulent " un peu de culture " , la rue principale de ce petit village pullule de boutiques/galeries. Mais attention, l’art de Bali est un doux mélange de ravissement et de déjà vu… Il faut donc laisser de côté les attrapes touristes reproduits en série qui ont perdu toute spontanéité, toute force (vous n’aurez pas à chercher longtemps pour en voir partout et en être assez vite écœuré !) et partir à la recherche de l’art balinais original (et originel !).

Pour cela, filez vers ma seconde étape : aller s’asseoir (encore !) dans le magnifique jardin du Musée Puri Lukisan

Voyage Bali : Musée Puri Lukisan   Bali : Ubud, éloge de la paresse - voyages, vacances, recit de voyage et carnet de voyageCe musée n’est pas un musée… c’est un immense jardin à flanc de colline, où se cachent de petits temples, des bassins couverts de lotus, des statues qui fixent leur reflet dans l’eau, des arbres exotiques, des lianes et quelques pavillons quasiment ouverts aux 4 vents dans lesquels est offert un beau panorama de l’art balinais : de la sculpture sur bois traditionnelle à l’art contemporain, en passant par les œuvres de ces européens (Walter Spies, Rudolf Bonnet…) qui vinrent s’inspirer de la magie de Bali. Cette " promenade initiatique " est superbe. Elle donne envie de sortir un carnet de croquis et de se mettre à son tour à rendre sur papier la vie qui palpite au cœur de Bali.

Voyage Bali : Ubud, artisan tailleur de pierres   Bali : Ubud, éloge de la paresse - voyages, vacances, recit de voyage et carnet de voyageAprès avoir baguenaudé dans ce musée, il faut repartir (doucement !) vers le village, s’éloigner du centre (et du bruit !) et emprunter les ruelles qui filent vers les rizières. C’est ici que vous aurez une chance de découvrir un artiste " vrai ", plongé dans son travail, mais heureux de l‘interrompre pour en discuter avec vous. C’est par-là aussi que vous croiserez un artisan en plein labeur : sculpteur sur bois, accroupi sur le bord d’un talus, en train de donner forme à quelque animal mythique, peintre sur batik occupé à mettre en couleur des fleurs gigantesques, des oiseaux au ramage éclatant, des arabesques compliquées … ou tailleur de pierre qui prépare, ou répare, un bas relief pour le temple du village… Là encore, il n’y a qu’une solution : s’asseoir et les regarder créer…

A pied au milieu des rizières

Voyage Bali : Rizières en bordure dBien que véritablement très flemmarde, je sais faire un effort quand le jeu en vaut la chandelle. Et s’il est bien un spectacle qui vaille quelques dépenses (modérées !) d’énergie, c’est celui des rizières en terrasses dans la campagne qui entoure Ubud... Whaouhhh ! Quel graphisme ! Ondoyantes ou rectilignes, microscopiques ou larges et généreuses, avec ou sans palmiers, d’un vert clair à croquer ou foncé virant au noir, à la fois peinture naïve façon Douanier Rousseau ou abstraite et géométrique… C’est dans tous les cas à vous couper le souffle !

Il ne faut surtout pas manquer de volontairement se perdre au milieu de ces rizières, en suivant les petits murets qui les bordent. Grimper, descendre, monter, suivre en serpentant les coteaux qui s’éloignent, tomber sur un petit autel qui protège la récolte, sourire aux femmes, pliées en deux les pieds dans l’eau, occupées à piquer le riz, renvoyer la balle des gosses qui vous éclatent de rire au nez…, s’arrêter au bord du sentier pour " parler " avec le vieil homme qui exhibe fièrement ses coqs, les caresse tendrement et vous demande votre nom qu’il répète en rigolant… C’est un petit morceau de bonheur pur à ne pas manquer, un bain de jouvence à engranger dans ses souvenirs… Il y a une grande plénitude à être submergé dans cet océan toujours vert, ondoyant sous le vent en vagues immobiles… pour un peu on s’y endormirait pour une petite sieste…

Ne pas oublier la pause…

Voyage Bali : Ubud, femme chargée dSi vous avez de la chance, pendant votre promenade, vous tomberez sur le Dewi Cafe, Rice Terrace, Ji. Raya Tegallalang, Gianyar, un petit restau au coeur des rizières où il fera vraiment bon perdre son temps en dégustant des satays… C ‘est une adresse au milieu de nul part, que l’on aimerait garder pour soi afin que ses quatre tables demeurent secrètes … Mais comme les noms des routes ne sont pas indiqués, ce tuyau ne vaut pas tripette ! Il ne vous reste plus qu’à partir à sa recherche, à flanc de colline, au milieu des rizières !

De retour à Ubud, on va s’asseoir (!) à la terrasse du Cafe Lotus, au bord d’un grand bassin couvert de fleurs au bout duquel se dresse le temple principal du village. On dîne en regardant les femmes pénétrer dans l’enceinte sacrée, la tête chargée de lourds paniers remplis d’offrandes. Les hommes suivent, drapé dans leur sarong aux reflets dorés, le crâne coiffé d’un petit turban dressé comme une aigrette. Les groupes s’avancent en procession ondoyante. Tout le monde rit, papote. Les enfants, en habit de fête eux aussi, courent de groupe en groupe. Bali est gai…

Dans la brise du soir, on entend le son des Gamelans qui s’élève du temple… C’est doux, relaxant… On oublie le temps qui passe tout occupé à écouter ce murmure… On s’endort en rêvant… Il fait bon être à Bali !

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Dernière mise à jour : 03.11.2008 17:49:06


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